Discours de lancement de la procession saint Louis

Publié le 18 Novembre 2013

Discours de lancement de la procession saint Louis

Chers paroissiens,

L'année 2014 marquera le huit-centenaire de la naissance de saint Louis. Pour célébrer cet anniversaire, notre association s’est tournée vers la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile afin d'organiser, ensemble, une grande procession dans les rues de Paris, de l'église Saint-Eugène à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Mais pourquoi, nous dira-t-on, commémorer le règne et l’héritage de saint Louis ?

En ces temps où les discours médiatiques du moment appellent régulièrement les Français au "devoir de mémoire", généralement celui des pages sombres de notre histoire, il nous est apparu essentiel, nécessaire et vital même, de prendre cette mise en demeure au mot.

En effet, bien peu de nos rues, de nos avenues portent le nom et le souvenir de ces grands hommes qui, avant 1789, firent l’histoire et les grandes heures de notre pays. Cet oubli, qui procède du temps ou, plus certainement, d’une volonté humaine, semble même affecter les manuels scolaires de nos enfants. Le Roi Très Chrétien, dont nous célébrerons la naissance, en fait lui-même les frais.

Cependant, en dépit de toutes les volontés humaines, en dépit de l’esprit des temps et de toutes les adversités, ce qui a été demeure.

Nous ne venons pas vers vous afin de célébrer, en mai prochain, une icône désuète ou un roi rendu désincarné par une pureté d’âme l'ayant détaché des réalités de la France de son temps. Louis IX, dans son chemin vers la sainteté, n’en fut pas moins, et fut peut-être d’autant plus, homme de son temps : père attentionné à l’endroit de ses sujets, époux exemplaire, grand combattant d’Orient et d’Occident et arbitre des litiges européens. Son héritage a été. Son héritage demeure.

C’est donc ce legs, de toute éternité, que nous célébrerons ensemble tout au long de l’année 2014 afin de perpétuer un héritage qui n’a jamais cessé d’être.

Je finirai, enfin, sur ces paroles de Charles Péguy qui écrivit, peu avant la Grande Guerre:

"L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera."

Alors pour nos ancêtres, dont l'exemple inspire nos vies et dont nous gardons la mémoire; pour les générations de notre temps et les milliers d'autres qui nous suivront, voyons avec les yeux de l'Espérance. Aimons de son coeur noble et valeureux. Et en mai prochain, pour Saint-Louis et pour son royaume, prenons entre nos mains son héritage afin qu'il soit, pour notre terre, porteur d'un souffle nouveau.

Je vous remercie.

 

Prononcé le 17 novembre 2013 en l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile, avant les Vêpres.

Guillaume Durand - Président de l'association Oriflamme

Publié dans #Vie de l'association

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