29 novembre 2015 : premier dimanche de l'Avent

Publié le 29 Novembre 2015

Nous tous, enfants, adolescents, jeune adultes, religieux, pères, mères, célibataires et personnes ayant un âge vénérable, nous faisons monter notre prière personnelle vers le Tout-Puissant, source de notre vie. Paisibles ou soucieux, dynamiques ou fatigués, c’est dans le secret de notre cœur que nous nous confions à la Sainte-Trinité, Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. Nous demandons la compagnie et l’aide de la Vierge Marie Immaculée. Nous saluons les saints et les anges. Nous parlons avec Dieu de notre vie quotidienne, de nos joies, de nos inquiétudes, mais nos préoccupations pourraient nous distraire de l’essentiel. Dans la prière publique de l’Église, dans la liturgie, le Saint-Esprit nous conduit pour orienter nos intentions de prières. L’histoire du Salut et les vérités essentielles nous sont rappelés chaque année lors des dimanches et des fêtes.

En ce premier dimanche de l’Avent, début d’une nouvelle année liturgique, nous sommes invités à préparer le beau rappel de la Venue de l’Enfant-Jésus dans l’humilité, nouveau-né déposé de la mangeoire de la crèche par sa Sainte Mère. Mais l’évangile de ce jour nous appelle cependant à préparer le retour puissant et glorieux du Christ Sauveur à la fin des temps. C’est une vérité essentielle que l’histoire humaine aura une fin temporelle qui transformera la vie terrestre telle que nous la connaissons. S’il est important de bien vivre et d’être heureux au milieu d’une belle nature, une maison commune à préserver de toute pollution, il est essentiel de vivre selon les dix commandements et les huit béatitudes, dans la foi en la vie éternelle après la mort corporelle.

Ainsi donc, parmi les préoccupations terrestres légitimes, nos contemporains nous proposent de prendre des mesures en faveur de l’environnement. La COP21, abréviation de COnférence des Parties, est une conférence supranationale sur l’environnement, ou plus précisément sur les changements climatiques, la 21ème du nom. Les pollutions, le gaspillage des ressources, des signes de réchauffement climatique inquiètent. Une écologie humaine authentique est à trouver. Or, dans son encyclique Caritas in Veritate, Benoît XVI affirme que « la dégradation de l’environnement est étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine » (n.51). Quelle est donc notre culture ? Dans l’encyclique Laudato Si, le Pape François relève que si l’environnement naturel est parsemé de blessures causées par un comportement irresponsable, l’environnement social a lui aussi ses blessures: « Mais toutes, au fond, sont dues au même mal, c’est-à-dire à l’idée qu’il n’existe pas de vérités indiscutables qui guident nos vies, et donc que la liberté humaine n’a pas de limites » (n.6). Et de citer encore son prédécesseur : « le gaspillage des ressources de la Création commence là où nous ne reconnaissons plus aucune instance au-dessus de nous, mais ne voyons plus que nous-mêmes » (ibid.)

En effet, il y a des vérités indiscutables qui viennent du Créateur. Si la nature humaine aspire au bonheur terrestre, à rechercher une bonne santé et la prospérité familiale et sociale, avec l’aide de l’autorité civile servante du bien commun, elle aspire surtout à une victoire définitive sur le péché, les crimes, la maladie et la mort. La recherche d’une prospérité terrestre absolue et sans effort, sans inconvénient, sans sacrifice est une fausse culture. Nous travaillons à la sueur de notre front. Joyeux de vivre et de donner la vie, nous savons cependant que nous devrons parfois accueillir des enfants malades, de la naissance à leur départ, que nous accompagnerons nos parents âgés. La recherche du monde parfait, de la naissance parfaite, de la santé parfaite, l’eugénisme est une écologie contre-nature qui nie le péché et le combat spirituel, aimer en vérité.

Dans la lettre de saint Paul aux Romains (ch. 8), l’apôtre enseigne « que la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir », l’homme qui abuse de sa liberté pour faire le mal égoïste. « Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. »

La solution nous vient de la foi en la victoire du Verbe qui s’est fait chair, né de la Vierge Marie. Le nouvel Adam vient offrir son innocence d’Agneau de Dieu pour payer le prix du péché et de la mort. La servante du Seigneur, l’Immaculée Conception, la nouvelle Ève, est choisie entre toutes les femmes pour coopérer à cette œuvre de salut de la nature humaine, hommes et femmes. Notre mère n’est pas Gaïa, la terre, mais celle que Jésus-Christ nous a donnée comme mère du haut du trône de la Croix : « Femme, voici votre fils !... Voici votre Mère ! » (Jn. 19:26-27). Marie reçoit la mission maternelle de prier pour ses enfants. Au pied de la Croix, elle est corédemptrice, médiatrice choisie. Comme le disait saint Bernard, entre le Tête et le Corps mystique, elle est le cou; le cou de l’Église dont le Christ est la tête. Ou encore, sa collaboration constante avec son Fils dans toute son action miséricordieuse doit être regardée comme la collaboration constante du Cœur Immaculée avec le Sacré Coeur.

A ceux qui s’inquiètent d’une trop grande dévotion mariale, saint Bernard répondait déjà : « Le Christ pouvait suffire et, de fait, actuellement encore, tout ce qui suffit à notre salut vient de lui, mais, pour nous, il n'était pas bon que l'homme fût seul : il y avait au contraire haute convenance à ce que fussent présents, pour aider à notre relèvement, les deux sexes qui, ni l'un ni l'autre n'avaient manqué de prendre part à notre perte. Homme, le Christ est sans contexte un sûr et fort puissant médiateur entre Dieu et les hommes, mais en Lui les humains redoutent la majesté » (St Bernard et Notre Dame. Desclée p. 173).

En ce premier dimanche de l’Avent, nous renouvelons notre foi, notre espérance et notre charité. Nous sommes dans l’attente de la naissance de l’Enfant Jésus mais nous espérons aussi son retour glorieux. Parfois, nous le craignons à cause des événements apocalyptiques et du fait qu’il sera notre juge, nous examinant sur la véritable charité au soir de notre vie. Mais il est essentiel de croire que le péché, les haines et les meurtres, les souffrances, la maladie et la mort corporelle, auront une fin historique en France et dans le monde. Les retrouvailles avec les êtres que nous avons aimés, la découverte des toutes ces âmes qui ont cherché le salut de Dieu, est une promesse du Fils de l’Homme, du Premier Né d’entre les morts : « nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir (Phil. III, v. 20-21 ».

Le Coeur Immaculé de Marie nous conduira à son Fils avec sa douceur maternelle, couvrant la France et le monde de son manteau. Elle nous conduira de la crèche à la Croix, de la Croix à la glorieuse lumière de Pâques.

Homélie pour le Ier dimanche de l’Avent 2015

Abbé Marc GUELFUCCI - Curé de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile - Paris 9ème

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