Dimanche 1er novembre: Fête de la Toussaint

Publié le 1 Novembre 2015

En ce dimanche de la Toussaint, nous vous proposons cette homélie de l'Abbé Snoëk (Paroisse Sainte-Elisabeth de Hongrie), daté du 25 octobre 2015. Très belle fête de la Toussaint!

Entre la canonisation de Louis et Zélie Martin et la fête de la Toussaint, il convient de nous interroger sur le culte des saints. En effet, après une longue éclipse, l’intérêt pour les saints est réapparu. Qui aurait dit dans les années 70 et même 80 qu’un pape procéderait à une canonisation lors d’un synode ? Quand j’étais séminariste, un prêtre refusait de célébrer le saint du jour exceptés les apôtres et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ! Même au catéchisme, on ne me parlait jamais des saints. Mon premier vrai contact avec eux fut à travers « Le dialogue des Carmélites » de Bernanos, découvert à 14 ans, à l’improviste, dans la bibliothèque de ma grand-mère qui ne m’en avait jamais parlé et qui a répondu à ma quête de vocation.

Jean-Paul II a mis l’accent sur les saints en canonisant abondamment au cours de son pontificat. Quand nous avons eu l’honneur de célébrer dans la chapelle privée de l’archevêque de Cracovie, j’ai pu constater qu’une collection de reliquaires ornait la sacristie. D’ailleurs, chaque église de Cracovie comporte le tombeau d’un saint. Cracovie est bien la ville des saints. Cela a marqué Karol Wojtyla qui vivait en permanence en leur compagnie. Le Cardinal Lustiger et ses confrères archevêques des métropoles européennes ont, quant à eux, promu la fête de la Toussaint. Moi-même, je suis parfois surpris de l’intérêt pour les saints des nouvelles générations. Ici, certains se sont enthousiasmés pour Pier Giorgio Frassati. D’autres s’engagent dans le processus de béatification de figures qui les ont impressionnés : Zita, l’abbé Franz Stock, Jacques Fesch, Marthe Robin, le diacre parisien Jean Merlin et même Madame Elisabeth. La béatification et la canonisation des époux Martin a été particulièrement suivie comme le doctorat de Thérèse de Lisieux, la béatification de Frédéric Ozanam célébrée par Jean-Paul II en personne à Notre-Dame pendant les Journées mondiales de la jeunesse. Le pape François, lui aussi lors de ses voyages, procède à béatification ou canonisation. Il nous donne pour l’année de la Miséricorde le Padre Pio et Mère Teresa. C’est pourquoi je vous proposerai de la mettre sous le vocable de Saint-Martin, né il y a 1700 ans en Hongrie.

J’ai le sentiment que ce n’est pas d’abord des intercesseurs que recherchent les chrétiens et en particulier les jeunes (même si l’abondance des bougies déposées devant les statues des saints dans notre église traduit un besoin de nos contemporains - pas forcément catholiques pratiquants d’ailleurs), mais plutôt des modèles.

En effet, dans un monde sans repère, manquant de figures emblématiques et enthousiasmantes, nous recherchons des personnalités qui nous tirent sur le chemin du Ciel. Même le grand public est en recherche. Après la chute des hommes politiques, puis des sportifs et même des stars de la chanson ou du cinéma, les hommes et les femmes de notre temps cherchent des héros des temps modernes ou même anciens auxquels ils puissent s’identifier.

Au cœur de ce synode où s’agitent les questions autour des échecs du mariage, le pape nous propose un couple aimant, parents de 5 filles religieuses qui, avec elles, vécut une belle vie de prière mais aussi les épreuves de la mort et de la maladie. Louis pourrait être le patron de tous nos proches qui souffrent de la maladie d’Alzheimer. Ce couple est à l’opposé de ce que les médias recherchent dans ce synode et qui ressemble bien à un nivellement par le bas, à une adaptation de la foi à la vie quotidienne. Or, ce que la plupart de nos contemporains finalement recherchent, c’est d’être tirés vers le haut, par des personnalités fortes et courageuses ! Si Zita suscite la dévotion, c’est, je pense, parce qu’elle fut seule pour élever ses enfants et qu’elle fut aussi un artisan de paix parcourant le monde. Cette dernière dimension fascine tout particulièrement aujourd’hui, alors que nous avons peur de la guerre, nous qui ne l’avons jamais vraiment connue mais qui vivons des souvenirs atroces racontés par nos parents et grand-parents profondément marqués par les deux guerres mondiales et la guerre d’Algérie. Par ailleurs notre monde englué dans le matérialisme est fasciné par les hommes pris par l’attrait de Dieu: en atteste le succès du film « Des hommes et des dieux » ainsi que celui des monastères (dans lesquels on n’entre pas pour autant comme moines).

Tous nous sommes convaincus que nous ne mettons pas les priorités là où elles sont. C’est pourquoi nous regardons avec respect et envie les saints. A fortiori quand nous pouvons nous identifier à eux, nous nous engageons à leur suite. Ils nous tirent vers le Seigneur. Regardons-les !

Abbé Xavier Snoëk - Paroisse Sainte-Elisabeth de Hongrie

Rédigé par Association Oriflamme

Publié dans #Messes & Fêtes chrétiennes

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