Samedi 21 mai: l'église des rois de France pour nous accueillir

Publié le 24 Avril 2016

Saint Germain l'Auxerrois: les origines

L’existence d’un premier lieu de culte chrétien est attestée à cet endroit dès l’époque mérovingienne (sarcophages en plâtre retrouvés en 1898) mais il faut attendre le XIᵉ siècle pour voir apparaître le vocable de Saint-Germain l’Auxerrois. Il vient rappeler la rencontre qui aurait eu lieu ici même entre saint Germain, évêque d'Auxerre et la sainte patronne de Paris, sainte Geneviève, au Vᵉ siècle.

La tradition veut aussi que saint Landry, le cinquième évêque de la capitale, ait joué un rôle dans la fondation de l’église qui serait devenue un lieu de pèlerinage après que son corps y eut été enterré. [...]

Située juste à côté du palais du Louvre, Saint-Germain l’Auxerrois a toujours eu un lien particulier avec ce monument, lieu de résidence des rois de France jusqu'au XIXᵉ siècle, d’où son titre de "paroisse des rois de France". Ceux-ci, résidant sur son territoire, en étaient donc paroissiens à part entière et s'y rendaient régulièrement pour les grandes occasions. Ils contribuèrent aussi à l’enrichissement de l’édifice et un certain nombre de signes nous rappellent encore aujourd’hui leur présence comme le blason à fleurs de lys,avec la crosse de saint Germain et la palme de martyre de saint Vincent (qui est aujourd'hui le "logo" de la paroisse), ou bien encore les fleurs de lys qui sont encore perceptibles sur la draperie du baldaquin du banc d’œuvre que les révolutionnaires ne purent effacer totalement.

La particularité de cette église était, dès le Moyen Âge, d’être à la fois collégiale et paroissiale : c'est-à-dire qu'elle était en partie le siège d'un collège de chanoines. Elle était également le lieu de rassemblement de tous les habitants du quartier, sous la direction spirituelle d'un curé et l'administration temporelle des marguilliers.

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Il ne reste aucune trace de la chapelle primitive du Vᵉ siècle, érigée sur le lieu de rencontre de saint Germain et sainte Geneviève. Au VIIᵉ siècle une église sans doute plus grande, rassemblait la population du quartier et on y vénérerait les reliques de saint Landry. L'église a été par la suite plusieurs fois reconstruite car elle aurait d'abord été incendiée en 886 lors des invasions par les Normands puis rebâtie par Robert le Pieux au XIᵉ siècle. On ne dispose pas de renseignements très fiables sur cette période allant du Vᵉ au XIIᵉ siècle. On pense que la base du clocher actuel remonteraient au XIIᵉ siècle, ce qui signifierait qu'on avait encore reconstruit partiellement ou en totalité une quatrième église à cette époque.

Mais notre église d'aujourd'hui est le fruit d'agrandissements successifs commencés à partir du XIIIᵉ siècle jusqu’au XVIᵉ siècle ; le bâtiment actuel est donc le fruit de près de trois cent ans de chantier. [...] La partie la plus ancienne remonterait donc au XIIᵉ siècle ; il s’agit du clocher à l’angle du bras sud du transept qui est le seul vestige de la troisième église construite à cet emplacement.

La construction de l'église

Au XIIIᵉ siècle, les travaux ont continué avec la construction de la façade dont la porte d'entrée centrale à double vantaux, qui était ornée d'un tympan sculpté représentant le Jugement dernier. Aujourd'hui il ne reste plus que les trois rangées voussures de cette époque. La suite du chantier se serait concentrée sur le chœur, daté du XIVᵉ siècle (1340-1358) et l'actuelle chapelle de la Vierge. Ce n'est qu'après la Guerre de Cent ans que les travaux reprirent.

En 1476, les paroissiens décident de construire la nouvelle nef qui devait impérativement ressembler au chœur (ad instar chori). Le chantier se prolonge ensuite avec les constructions des bas-côtés, et chapelles de la nef.

Le porche monumental qui protège l'entrée (le seul subsistant à Paris avec celui de la Sainte-Chapelle) aurait été construit, quant à lui, au XVᵉ siècle. [...] A l'aube du XVIᵉ siècle, on construit les chapelles autour du chœur et le transept. [...]

Les travaux de construction terminés, l'église continua de s'embellir grâce aux fidèles paroissiens comme il était alors de coutume... Les chapelles furent décorées notamment de sculptures et de tableaux, mais aussi de nombreux objets destinés au culte : ciboires, tentures, chasubles, encensoirs, etc. Tous ces objets ont disparu à la Révolution ou ont été déplacés, à quelque très rares exceptions.

XVIIIᵉ siècle

En 1744, le chapitre des chanoines est intégré au chapitre de la Cathédrale du diocèse de Paris. Cela ne s'est pas fait sans protestation de la part des chanoines, mais la paroisse obtint gain de cause et a pu ainsi récupérer l'espace du chœur pour y déployer toute la liturgie de la communauté paroissiale et accueillir un plus grand nombre de fidèles dans de meilleures conditions.

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XIXᵉ siècle

A la suite des événements révolutionnaires, l'église est fermée au culte en 1793 puis transformée en fabrique de salpêtre. A partir de 1795, le clergé catholique constitutionnel (ayant signé la Constitution civile du clergé, faisant allégeance aux idées de la Révolution) rétablit la célébration du culte catholique dans l'église. Elle fut rendue au culte catholique avec le Concordat de 1802.

Mais les événements historiques devaient une fois de plus rejoindre notre église. Elle fut saccagée en 1831 par des partisans anti-légitimistes à la suite d'un service funèbre donné pour le repos de l'âme du duc de Berry, deuxième fils de Charles X (assassiné le 13 février 1820). A la suite de cet événement, au cours duquel les partisans s'en prirent également à l'évêché qui fut pillé, l’église dû être entièrement fermée jusqu'en 1845.

La restauration complète de l'église fut commencée plusieurs années après la fermeture et fut en grande partie financée par le curé d'alors, l’abbé Jean-Baptiste Demerson, représenté sur une fresque située au-dessus de l’ancienne porte de la sacristie [...] La cérémonie de réouverture officielle de l'église eut lieu le 13 mai 1837, sous la présidence de monseigneur de Quélen, archêveque de Paris.

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L'église risqua plus d'une fois d'être entièrement rasée. Déjà sous Louis XIV, de grands projets prévoyaient de la rebâtir dans l'axe de la nouvelle façade orientale du palais du Louvre (dite aussi colonnade de Claude Perrault), puis le baron Hausmann, préfet de la Seine, envisagea de la démolir pour y faire passer une grande rue dont l'avenue Victoria (proche du Châtelet) en est l'embryon avorté. C'est notamment l'ancienneté de l'église et sa qualité artistique qui l'ont sauvée de la destruction spéculative.

Pour en savoir plus: http://www.saintgermainauxerrois.fr

Rédigé par Association Oriflammes

Publié dans #Vie de l'association, #Histoire & Patrimoine

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