Editorial de rentrée : «Je suis votre chef.»

Publié le 5 Septembre 2017

Couronement de Robert II, roi de France - Grandes Chroniques de France - XIIIe siècle © BNF

 

« Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l’éternité, est moins à craindre que des parvenus pressés de s’enrichir et de signaler leur passage par quelque action d’éclat », nous disait en son temps Pierre-Joseph Proudhon. Notre pays reprend donc le chemin du travail après un été marqué, sur le plan institutionnel, par une crise de régime inédite entre son Chef d’état-major des Armées et un Président de la République porté au pouvoir par un tsunami médiatique d’odes et de louanges. Recadré publiquement par son « chef », le général s’est tu, avant de démissionner de manière fracassante sous les applaudissements reconnaissants de ses soldats. La rigueur de l’autorité, depuis déjà de nombreuses années en France, se manifeste prioritairement à l’endroit de celles et ceux dont la fonction, ou la condition, imposent le silence et l’obéissance – tandis que se multiplient, dans une impunité totale, incivilités, violences et zones de non-droit sur notre territoire. Singulière (et dangereuse) conception de l’ordre public et social, qui décrédibilise, voire délégitime, les détenteurs politiques de l’autorité – tant auprès des criminels et délinquants qui se savent hors d’atteinte des rigueurs de la loi, que des citoyens dits « ordinaires » furieux de subir a contrario tracasseries administratives, pression fiscale, contrôles routiers permanents, le tout dans une invasion de normes européennes et de moraline droit-de-l’hommiste portée par des médias sentencieux.

Porosité des frontières à l’extérieur, contrôles et vidéosurveillance à l’intérieur. Multiplication des radars d’un côté, rodéos sauvages tolérés de l’autre. Pression fiscale pour les uns, assistanat social pour les autres - ce dernier entretenu au demeurant par les détenteurs du pouvoir pour des raisons électoralistes ou "sociologisantes", les unes et les autres souvent mêlées. L’exact inverse, en somme, de la politique menée peu ou prou par nos souverains successifs, de Clovis à Louis-Philippe, durs avec les puissants (ceux d’en-haut comme ceux d’en-bas) et doux avec les humbles - parfois certes de manière imparfaite et inégale, mais au moins la volonté était-elle là. Être héritier d’un patrimoine et de traditions impose respect et devoirs vis-à-vis des morts, mais aussi des vivants, qui ne forment qu’une seule chaîne. La condition de chef repose sur l'exercice d'une autorité omniprésente, omnipotente et omnisciente au service du Bien commun, a contrario du pouvoir de l'autocrate, qui ne s'exerce que sur les faibles, dans le seul but de satisfaire une ambition personnelle. Le premier inscrit son action dans le temps long, quand le second ne voit pas au delà de son mandat, ou de sa simple vie. 

Retrouver le sens de l’autorité véritable, faite d’intransigeance et de discernement, de force et d’humilité, de volonté et d’esprit de vérité : voilà la mission dont doivent s’emparer, avec détermination, les Européens afin de faire face aux défis de civilisation auxquels ceux-ci sont confrontés.

Guillaume DURAND, Président de l'Association Oriflammes

Rédigé par Guillaume DURAND

Publié dans #Vie de l'association

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