Publié le 4 Septembre 2017

De 1456 à 1461, le Château du Lothier abrita le dauphin de France, le futur Roi Louis XI, en désaccord avec son père, Charles VII. Sa Dauphine, Charlotte de Savoye, y mit au monde leur premier enfant, Joachim, qui ne vécu que quatre mois et fut inhumé dans la Basilique de Hal. Aujourd’hui, le château du Lothier n'existe plus, mais les fêtes perdurent dans la cité.

Le retour de Louis XI

C'est en septembre 1988, après une absence de 527 ans, que le Dauphin de France a réinvesti la bonne ville de Genappe. Reçu par les plus hautes autorités de la cité, son cortège fut conduit en grande pompe à travers les rues pavoisées de bleu et de jaune. Toute la noblesse que pouvait contenir le vénérable château du Lothier avait alors participé aux agapes et tournois organisés pour la circonstance.

Au programme: cortège, démonstrations de combat en l'honneur du Dauphin, spectacle équestre, concerts...

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Publié le 1 Septembre 2017

"L'Occident s'achève en bermuda […] Craignez le courroux de l'homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien, nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement.  

Chers djihadistes, chevauchant vos éléphants de fer et de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c'est un magasin de porcelaine dont les propriétaires de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s'y trouvait entassé. […] Vous êtes les premiers démolisseurs à s'attaquer à des destructeurs. Les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes. […] À la différence des nôtres, vos démolitions s'effectuent en toute illégalité et s'attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c'est dans l'enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation.  

Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. »

Philippe Muray - Chers djihadistes (Mille et une nuits, 2002).

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Publié le 29 Août 2017

Les 2 et 3 septembre 2017, des chevaliers en armures ressusciteront cette grande tradition de l’histoire de France du XVe siècle.

Le Maine et L’Anjou, terres des rois ! Chaque recoin est un livre d’histoire à ciel ouvert.

A 15 km au nord d’Angers se dresse, fier et intact, le somptueux château du Grand Argentier du Roi, Jean Bourré, conseiller et intime de Louis XI, Chevalier de l’Ordre de Saint Michel.

Bientôt, le calme et la quiétude des lieux feront place aux cliquetis des armures, aux galops des chevaux et aux acclamations de la foule.

C’est dans ce décor d’un autre âge, que va se courir un tournoi de chevalerie tel que l’on n’en avait plus vu depuis des siècles en cette belle région : une joute historique dans la plus pure tradition du XVe siècle, au cours de laquelle vont s’affronter de preux chevaliers de tous horizons pour la gloire de leur blason. Cette année, l’événement rassemble de preux combattants venus de France, de Russie, d’Angleterre, de Belgique, d’Australie, et du Canada.

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Publié le 26 Août 2017

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Publié le 8 Juillet 2017

Hallstatt (région de Salzkammergut - Autriche)

Hallstatt (région de Salzkammergut - Autriche)

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Publié le 25 Juin 2017

Flûte, orgue et chant médiéval à l'abbaye bénédictine de Maredret (Belgique) - 2 juillet 2017

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Publié le 22 Juin 2017

Concert organisé par l’Institut polonais de Paris en partenariat avec l’Institut hongrois de Paris, le Centre tchèque de Paris et l’Institut slovaque de Paris, à l’occasion du 25e anniversaire du Groupe de Visegrád (V4) et de la présidence polonaise du Groupe de Visegrád du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017.

Aleksandra Czajor - 1er violon
Grażyna Zubik - 2e violon
Natalia Warzecha-Karkus - alto
Julia Kotarba - violoncelle

Au programme :

Zoltàn Kodàly : Quatuor à cordes n°2, op. 10
Karol Szymanowski : Quatuor à cordes n°2, op. 56
Alexandre Tansman : Quartetto n°5 per archi
Frédéric Chopin : Nocturne n°2 en mi bémol majeur, op.9

29 juin 2017 à 19h

Institut hongrois | 92, rue Bonaparte 75006 Paris
Réservation obligatoire :
reservation@instituthongrois.fr

Entrée libre.

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Publié le 8 Juin 2017

Comment ce « petit héros de l’histoire de France » est-il devenu un véritable mythe européen, encore vivace cinq siècles après sa mort ? C’est précisément ce que les meilleurs médiévistes du moment vous expliquent dans ce dossier consacré au parangon de la chevalerie européenne.

Légende de la chevalerie de son vivant, apprécié de tous, y compris de ses ennemis, Bayard a acquis après sa mort, en 1524, une popularité plus grande encore. Comment ce cadet d’une famille de petite noblesse du Dauphiné a-t-il pu acquérir et conserver à travers les siècles une renommée aussi éclatante ? Laurent Vissière, Benjamin Deruelle et Olivier Renaudeau vous disent tout de ce personnage aujourd’hui redécouvert à la lumière de l’analyse historique et scientifique. Retrouvé en 2017, le véritable squelette du chevalier a en effet fait l’objet d’une analyse ADN. Elle a permis d’identifier l’un de ses descendants, le préfet Jean-Christophe Parisot de Bayard.

Et aussi...

Trois récits hauts en couleur : « Varennes ou la folle équipée » racontée par Franck Ferrand ; le voyage historique de « Pierre Le Grand, un tsar en France » retracé par Thierry Sarmant ; et une superbe évocation de l’histoire du Havre, à l’occasion des 500 ans de sa fondation signée de Paul-François Trioux.

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Publié le 3 Juin 2017

Lassay, une Histoire Vivante - 10 et 11 juin 2017 (Mayenne)

Reconstitution historique au château de Lassay : un voyage dans le temps

Cette année, grand rassemblement au château avec joutes à cheval et à pied, montre d'armes et toute la vie civile et militaire de la forteresse.


Soldats, paysans, artisans, nobles et chevaliers : tous les étages de la société seront présents pour une immersion totale dans la vie de cette deuxième partie du XVème siècle.

Cinq compagnies seront présentes : Les Ecuyers de l'Histoire; Via Historiae; Les Lions de Montfort; Ordonnance Saint-Michel; La Confrérie de la Quintefeuille.

Programme :

- 11h : ouverture des portes
- 12h-13h : combats à pied
- 15h-16h30 : jeux de chasse et joute équestre
- 18h : fin

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Publié le 29 Mai 2017

Lundi 29 mai, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se rencontrent pour la première fois au château de Versailles, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition Pierre le Grand, un tsar en France. Une rencontre à la fois symbolique et historique puisqu’elle célèbre 300 ans de relations diplomatiques entre la France et la Russie. 

Au printemps 1717, Pierre Ier arrive à Paris. Il est accueilli par le maréchal de Tessé, qui, dans un premier temps, emmène son prestigieux invité au Louvre. Mais le tsar refuse de séjourner au palais royal et se r

end dans une autre résidence apprêtée pour lui, qui appartient au maréchal de Villeroy : l’hôtel de Lesdiguières, situé rue de la Cerisaie. Trois jours plus tard, c’est précisément là que le roi Louis XV, alors à peine âgé de sept ans, lui rend une visite officielle.

Il s’agit d’un pas politique majeur qui souligne l’importance de la Russie. Bien que Pierre Ier voyage incognito, il insiste, à son arrivée à Paris, sur le respect du protocole et refuse de quitter l’hôtel de Lesdiguières tant que le roi ne lui aura pas rendu personnellement visite, faisant par là même comprendre qu’ils sont sur un pied d’égalité.

« […] Le tsar descendit recevoir le roi à la porte de son carrosse, et tous deux marchant de front se rendirent jusqu’à la chambre du tsar, où ils s’assirent sur deux fauteuils égaux. Le roi lui débita un fort joli compliment qu’on lui avait fait apprendre par cœur. Au lieu de lui répondre, le tsar le prit brusquement dans ses bras et, l’élevant à la hauteur de son visage, l’embrassa à plusieurs reprises, ce qui n’était nullement prévu par le cérémonial. On craignit un instant que le petit roi ne prît peur ; mais, bien qu’un peu surpris, il fit bonne contenance, et la conversation […] dura fort agréablement un quart d’heure », relatera par la suite le comte d’Haussonville.

Dès avant sa visite, Pierre Ier sait, grâce à ses diplomates, qu’en France, « plus que dans tous les autres États européens, les arts prospèrent et les sciences se développent intensivement ». Les envoyés russes à Paris achètent des livres, des gravures, des instruments, et invitent des artisans et des peintres en Russie. En 1715, le tsar avait reçu de France une boîte remplie de livres sur l’architecture, l’art de la guerre et la construction navale.

«Puiser quelque chose d’utile à son pays»

Voilà pourquoi, officiellement, le tsar se rend en France « pour y admirer l’élégance des bâtiments, des institutions diverses et puiser quelque chose d’utile à son pays ». Et, effectivement, Pierre Ier étudie avec engouement les curiosités locales. Il visite l’Observatoire et le théâtre anatomique, découvre l’Opéra et la Grande Galerie du Louvre, fait le tour des châteaux et des palais royaux – il se rend à Trianon, Fontainebleau, Versailles, Marly, Issy, etc., et se promène plusieurs fois dans le Jardin des plantes et dans la Maison des apothicaires.

Pierre Ier a en permanence du papier et un crayon sur lui – il note et dessine tout ce qui lui semble intéressant. Lors de ses visites d’ateliers et de manufactures, on lui remet les plans de divers mécanismes. Durant son séjour de six semaines à Paris, Pierre « a vu davantage que quiconque en un an ». Il n’est pas une petite fabrique ou usine qui ait échappé à son attention. Dans l’atelier de Jean Pigeon, qui fabriquait des globes terrestres et célestes, Pierre achète une sphère céleste mouvante copernicienne pour la somme, astronomique à l’époque, de 2 000 roubles. Le souverain visite également la Monnaie : la première fois, il y frappe lui-même plusieurs pièces, et, la deuxième, une médaille à son effigie est fabriquée en son honneur.

Pierre s’intéresse également au secret de confection des célèbres tapisseries françaises et souhaite fonder une manufacture en Russie. La Chronique quotidienne du séjour du souverain Pierre Alexeïevitch à Paris rapporte qu’« il eut la bienveillance d’admirer des tapisseries appelées gobelins, dont plusieurs lui furent offertes au nom du roi ; souhaitant avoir ce métier dans son pays, il réquisitionna sept maîtres tapissiers pour quelque temps, ce dont il fut satisfait ; ensuite, il se rendit dans des teintureries de soie et de laine. […] il alla dans un laboratoire où, en sa présence, furent réalisées de nombreuses expériences chimiques de M. Geoffroy. »

« Toute la France sur papier »

Sergueï Mezine, auteur de la monographie scientifique Pierre Ier en France, estime que, durant son voyage, le tsar pensait avant tout aux besoins de l’État russe. « Le monarque admira les curiosités de Paris, nagea dans la Seine, visita les résidences royales de Versailles et Marly-le-Roi. Durant le voyage, Pierre Ier et ses proches tenaient des journaux et dessinaient des croquis. Au fond, ils emportaient chez eux, pour reprendre les mots d’un des architectes, toute la France sur papier ».

Pierre s’intéresse aussi à l’éducation : il visite la Sorbonne et une école pour jeunes filles. Et, bien évidemment, il se rend à l’Académie des sciences, où, selon une version, ses connaissances en géographie font tellement fureur qu’on l’accepte immédiatement comme nouvel académicien (selon d’autres sources, Pierre Ier essuie d’abord un refus et ne devient membre de l’Académie des sciences que le 22 décembre 1717).

Sergueï Mezine décrit ainsi cette visite : « Au terme de son séjour à Paris, le 19 juin, Pierre Ier visita l’Académie royale des sciences, où les académiciens, menés par l’abbé Bignon, lui montrèrent leurs réalisations : le géomètre et mécanicien Jean-Élie de la Faye lui présenta son modèle de machine propre à élever les eaux avec une moindre dépense d’énergie et reposant sur des calculs géométriques complexes ; le chimiste et médecin Louis Lémery réalisa une expérience impressionnante qui permet d’obtenir des cristaux de vitriol blanc ; le mécanicien Francois-Joseph de Camus présenta un jouet mécanique créé pour le jeune roi : un attelage de chevaux tirant un carrosse ; le physicien André Dalesme lui montra son invention principale : un nouveau modèle de cric à crémaillère d’une grande puissance. » Cette visite fait forte impression sur Pierre, qui, sept ans plus tard, ordonne l’ouverture de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, laquelle deviendra une véritable fabrique de savants russes.

Les bases de trois siècles de relations diplomatiques entre les deux pays.

L’hôte de marque visite la Bibliothèque du roi, dite aussi Cabinet du roi, aux Tuileries. Durant son voyage, c’est d’ailleurs Abraham Hannibal, filleul du tsar et ancêtre de Pouchkine, qui a la charge de sa bibliothèque de campagne. Celui-ci reste ensuite en France pour étudier les sciences exactes dans une école d’ingénieurs.

Pierre découvre aussi le système étatique français, le parlement, les cours et tribunaux – ce qu’il voit influencera par la suite sa législation, qui touchera à presque toutes les sphères, de l’armée à la culture. La visite du tsar en France est liée à une nécessité politique : trouver de l’aide pour mettre un terme à l’épuisante Grande Guerre du Nord contre la Suède. Le tsar continue à donner des ordres à la flotte russe concernant les opérations militaires contre les Suédois en Poméranie. La visite parisienne de Pierre Ier aboutit à la signature, le 4 août 1717, du premier traité d’alliance franco-russe, auquel se rallie également la Prusse. Les 43 jours que Pierre Ier passa en France ont posé les bases de trois siècles de relations diplomatiques entre les deux pays.

MARIA GANIANTS

Visite de Vladimir Poutine à la Cathédrale orthodoxe russe de la Sainte-Trinité de Paris

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Publié le 18 Mai 2017

Depuis plus de 20 ans, le roi des Pays-Bas Willem-Alexander pilote des avions commerciaux en secret. Le monarque a révélé l'histoire lui-même à la presse néerlandais, et n'a pas l'intention d'arrêter de voler.

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Publié le 17 Mai 2017

Visite officielle des souverains russes en France en 1901 - Albert Pierre DAWANT (1852 - 1923).

Visite officielle des souverains russes en France en 1901 - Albert Pierre DAWANT (1852 - 1923).

Умом Россию не понять,
Аршином общим не измерить:
У ней особенная стать —
В Россию можно только верить.

« On ne comprend pas la Russie avec la raison ; -  on ne la mesure pas avec le mètre commun. - Elle a pour soi seule un mètre à sa taille ; - on ne peut que croire à la Russie. » F. Tiouttchev, Умом Россию не понять (On ne comprend pas la Russie avec la raison).

Encore aujourd’hui, malgré des efforts de nombreux passeurs de la Russie en France, ce pays reste toujours aussi mystérieux qu’à l’époque de Madame de Staël. Pourquoi l’ignorance française de l’âme russe persiste-t'elle d’une époque à l’autre ? La réponse, nous allons la chercher dans l’histoire de la philosophie russe.

La philosophie russe naît, en 1830, comme antithèse à la philosophie occidentale. Faut-il ajouter que la pensée russe a toujours été, pour les mêmes raisons, religieuse et slavophile? Niant la France des Lumières en lui préférant les Allemands comme Kant, Fichte et Hegel ou un Hollandais comme Spinoza, les premiers penseurs russes - Vladimir Odoevski, Dmitri Vénévitinov, Ivan Kireïevski, Alexandre Kochelev, Stepan Chevyriov - font naître une opinion que la Russie est inaccessible à la raison européenne, que l’Europe est incapable de comprendre la Russie. Kireïevski, par exemple, dans sa Критика и эстетика[1] (Critique et Esthétique) compare la raison avec la guillotine. Selon le penseur, l’intelligence française des Lumières ayant engendré la Révolution a engendré la guillotine[2]. Mais il est à noter que le refus de la raison en Russie est un phénomène beaucoup plus ancien que l’époque des Lumières.

Cette tradition prend ses sources dans la Russie médiévale. Vassili Klioutchevski, traitant lui aussi ce sujet, parle de la honte, à cette époque-là, de s’intéresser aux sciences par peur de déplaire à Dieu. Il s’agit ainsi du « péché de l’âme[3] ». De ce point de vue, il est évident que l’Occident n’est pas capable de comprendre la Russie parce que les Russes eux-mêmes ne comprennent pas leur pays. « On ne comprend pas la Russie avec la raison[4] », commence Fiodor Tiouttchev dans son fameux poème. Ces mots sont devenus la devise des Russes qui se sont résignés devant cette impossibilité de penser leur pays, de le comprendre, de l’expliquer, considérant ce phénomène comme une particularité de la mentalité nationale et en étant très fiers.

On peut trouver l’explication de cette non-compréhension dans une autre phrase de Tiouttchev, celle qui termine son poème На возвратном пути : « Здесь человек лишь снится сам себе[5] ». Le poète montre ainsi que la vie en Russie n’est rien d’autre que le sommeil. L’homme ne voit lui-même et sa vie que dans ses rêves. La façon dont Tiouttchev voit la vie en Russie met l’existence de l’homme russe en dehors de l’histoire car ce dernier, selon le poète, ne se conçoit que dans son rêve. La vie qui est en dehors de la réalité, en dehors de l’histoire ne peut ainsi ni être comprise, ni être analysée, ni être expliquée. À ce propos, il est curieux de mentionner ici l’opinion du philosophe allemand Oswald Spengler. En critiquant la tentative de Pierre le Grand de « raisonner » la Russie, d’y imposer une vie historique artificielle[6], le philosophe précise que la destinée du peuple russe est de vivre en dehors de l’histoire[7].

Ainsi, vu le terrain, les raisonnements historiques et scientifiques ne peuvent pas être appliqués pour la compréhension de la Russie. Les Russes, sans parler des Européens, ne peuvent ressentir cette dernière qu’intuitivement. Qu’est-ce qui reste à faire, dans ce cas, au peuple qui aime son pays ainsi qu’à ses amis russophiles ? Il ne leur reste qu’à croire à la Russie : « on ne peut que croire à la Russie[8] », écrira Tiouttchev. Ou encore, comme dira le philosophe Ivan Iline : « Croire à la Russie comme tous les grands Russes, comme tous ses génies et ses bâtisseurs y ont cru[9] ».

Anna GISHKINA

Docteur ès Lettres - Université Paris-Sorbonne


[1] Ivan Kireevskij, Kritika i estetika [Critique et Esthétique], M., Iskusstvo, 1979.

[2] Ibid., p. 251.

[3] Vassilij Klučevskij, Sočinenija v 9 tomax [Œuvres en 9 volumes], M., Mysl’, 1988, t. 3 : Kurs russkoj istorii, p. 278.

[4] Extrait d’un poème de Fiodor Tiuttchev traduit par Eugène-Melchior de Vogüé, « La poésie idéaliste en Russie, F.-J. Tutchef », Regards historiques et littéraires, Armand Colin, Paris, 1905, p. 300.

[5] « Ici, en Russie, l’individu ne vie sa vie que dans son sommeil. », Fëdor Tjutčev, « Na vozvratnom puty » [Sur la route de retour] [1859], Naše Vremja, 17 janvier, 1860, p. 12.

[6] Il s’agit de l’européanisation de la Russie.

[7] Osval’d Špengler, Zakat Evropy [Le Declin de l’Occident] [1918-1922], trad. de l’allemand par I. Maxan’kov, M., Mysl’, 1998, t. 2, p. 198.

[8] Extrait d’un poème de Fiodor Tiouttchev traduit par Eugène-Melchior de Vogüé « La poésie idéaliste en Russie, F.-J. Tutchef », art. cit., p. 300.

[9] Ivan Il’in, O russkom nacionalizme: čto sulit miru rasčlenenie Rossii [Sur le nationalisme russe : conséquences modiales de la division de la Russie], préf. A. Ljul’ko, D. Suškova, Novosibirsk, Russkij Arxiv, 1991, p. 11.

 

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