Publié le 29 Mars 2017

Bande-annonce du documentaire de 52 minutes qui sera diffusé le 10 avril à 20h40 sur la chaîne du câble KTO.

A revoir: le témoignage du colonel Jacques Hogard sur son expérience au Kosovo en 1999.

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Publié le 1 Mars 2017

Imposition des cendres - Pontifical de Guillaume Durand (vers 1357)  Réserve de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Imposition des cendres - Pontifical de Guillaume Durand (vers 1357) - Réserve de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

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Publié le 28 Février 2017

L’an mil, époque de tous les cataclysmes et de toutes les terreurs ? À contre-courant des idées reçues, Historia vous emporte, au contraire, à la découverte d’un Moyen-Âge apaisé et prometteur.

La grande peur de l’an mil, celle, entre autres, du retour de Satan des enfers mille ans après sa condamnation par le Christ, n’a jamais réellement existé hors de l’enceinte des monastères. Les meilleurs médiévistes du moment brossent le tableau d’une Chrétienté occidentale plus sûre, en plein essor économique et culturel.

Ce numéro printanier d’Historia vous fera aussi prendre la mesure du boom de la bd historique. Philippe Peter, journaliste, cofondateur du site et du webzine Cases d’Histoire, vous fera découvrir les arcanes de ce secteur qui ne connaît pas la crise.

Vous saurez tout également sur « la bien étrange abdication de Nicolas II » par Franck Ferrand ou les dessous du vol du « diamant bleu » raconté par Carl Aderhold. Vous pourrez admirer en exclusivité les premières images d’une série documentaire du réalisateur Olivier Lemaître sur  la surprenante renaissance en 3D des 7 merveilles du monde. Et frémirez en lisant l’extraordinaire aventure d’Alexandra David-Neel, grande voyageuse partie sur « La voie de la sagesse ».

Sommaire:

L'AN MIL, QUAND L'OCCIDENT S'ÉVEILLE par Sylvain Gouguenheim

À L'OMBRE DE LA CROIX, LA SÉCURITÉ RETROUVÉE par Laurent Vissière

SYLVESTRE II, LE PAPE SAVANT par Nicolas Weill-Parot

LA FIÈVRE DES BÂTISSEURS par Claire Lamy

LES CHEVALIERS À LA MANŒUVRE par Xavier Hélary

PACTE FÉODAL, JE TE TIENS… TU ME TIENS par Xavier Hélary

LES FORÊTS RECULENT ET LA CROISSANCE DÉCOLLE par Sylvie Joye

VILLAGE MÉDIÉVAL : LA CONSÉCRATION par Magali Watteaux

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Publié le 27 Février 2017

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Publié le 22 Février 2017

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Publié le 20 Février 2017

Exposition: Trésors de la fin du Moyen âge - Musée breton (Quimper)

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Publié le 15 Février 2017

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Publié le 14 Février 2017

Tristan et Iseult buvant le philtre - John Duncan (1912) - Musée de la ville d'Edimbourg

 

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Publié le 30 Janvier 2017

Le 28 janvier 1794, il y a exactement 223 ans, tombait, d'une balle dans le front, le généralissime de l'Armée Catholique et Royale, Henri de La Rochejaquelein. Il n'avait que 21 ans… Aujourd'hui, 8 jours après la commémoration du martyre de son Roi, Louis XVI, son souvenir nous rassemble, nous invitant à la prière mais aussi à la réflexion.

Qui était-il ? Deux images viennent peut-être à notre mémoire: le portrait romantique du tableau de Guérin, qui l'inscrit dans la galerie des chefs vendéens; la figure juvénile du dessin de Joubert, chère au cœur des scouts. Deux images qui n'en forment qu'une, un instantané, pourrait-on dire, tant la vie de Henri de La Rochejaquelein semble se condenser aux quelques mois de son épopée tragique.

« Si j'avance, suivez-moi; si je recule, tuez-moi; si je meurs, vengez-moi ». L'auteur de cette formule légendaire voit le jour en 1772. Il étudie à l'école royale militaire de Sorrèze puis rejoint le régiment de cavalerie de son père. A 18 ans, passé dans la Garde constitutionnelle, il défend le Roi aux Tuileries aux côtés des Suisses et échappe de peu au massacre. Quand la Vendée se soulève au printemps 1793, M. Henri, revenu dans son Poitou natal, accepte le commandement d'un groupe d'insurgés, non sans s'être fait un peu prier, comme bien d'autres nobles propulsés à la tête de cette immense jacquerie. Il conduira ses paysans de victoire en victoire. Surnommé « l'archange » par ses soldats de fortune, ce jeune homme au teint pâle et au regard décidé ravive le courage de chacun sur le champ de bataille par la bravoure dont il fait preuve et le mépris du danger qui le caractérise. Au lendemain de la défaite de Cholet, et en dépit des son jeune âge, il est proclamé généralissime, succédant au comte d'Elbée, grièvement blessé.

Voulant gagner Paris afin de délivrer Louis XVII, prisonnier au Temple, il doit finalement se raviser, eu égard à la versatilité de ses troupes, et mener les siens sur les routes bretonnes, à la recherche d'hypothétiques renforts venus d'Angleterre. Malgré une série de victoires encourageantes, la « virée de galerne » ne tourne pas à l'avantage des Vendéens qui, devant la résistance du port fortifié de Granville, sont contraints de rebrousser chemin, harcelés par les armées levées contre eux par la République. Peu après la défaite de Savenay, Henri parvient avec quelques fidèles, dont Stofflet, à franchir de nouveau la Loire, se tenant dans le bocage vendéen en attendant des jours meilleurs. Lors d'une escarmouche où il met en fuite, avec une poignée d'hommes, un fort parti ennemi, il épargne un bleu qui, l'ayant reconnu, fait mine de se rendre pour mieux l'abattre, à bout portant.

Tout le drame des guerres de Vendée tient, me semble-t-il, dans cette scène. A la magnanimité de l'un répond l'absence de scrupules de l'autre. Oui, « l'inexplicable Vendée » qui désespérait le conventionnel Barrère, quelques mois plus tôt, à la tribune de l'Assemblée, s'éclaire dans ce double geste. Un drame qui est avant tout spirituel: celui de l'ancienne France, lentement façonnée par l'idéal chevaleresque des meilleurs des siens, affrontée à cette France nouvelle, géométrique, froide, celle du nombre, celle de la « machine » – la sinistre guillotine –, celle de l'idéologie du nivellement et de la table rase. Dans ce face à face, entre M. Henri et ce bleu dont l'histoire n'a pas retenu le nom, ce sont deux mondes opposés qui s'affrontent en effet. Une figure, unique, contre l'élément anonyme d'une masse indistincte ; la distinction d'âme contre la bassesse d'esprit, où celui qui est épargné abat son bienfaiteur

Drame spirituel, car éminemment chrétien, vous l'aurez compris, puisqu'à la cruauté la plus abjecte des uns – celle des « colonnes infernales » – répond la grâce des autres. Et je prends le mot "grâce" dans sa double acception : grâce qui vient du pardon, surhumain, accordé, non sans difficulté par conséquent, à un ennemi pourtant implacable. Pardon que la puissance de la grâce rachète à l'échauffement des passions, tentées par la violence. Pensons à Bonchamps, mourant, au soir de Cholet, obtenant la grâce de cinq mille prisonniers républicains, alors que son armée vaincue crie vengeance. Pensons à La Rochejaquelein, faisant jurer aux prisonniers des combats qu'il remporte de  ne plus servir contre les siens, et les renvoyant libres aux leurs.

Drame spirituel qui n'a cessé depuis : à l'époque des guerres industrielles inaugurée avec la Révolution française, on oppose la parole d'honneur ; à la liquidation méthodique des populations et à la dévastation des territoires, on oppose la guerre sans haine, pour la défense de la patrie charnelle, de la communauté organisée qu'a léguée la tradition dans ce qu'elle a de plus noble, de plus humanisant aussi. Drame spirituel qui est avant tout celui du christianisme lui-même. La Rochejaquelein renvoyant ses prisonniers sur parole : qui ne songe à la naïveté du geste ! Celui d'un doux rêveur, d'un pieux idéaliste ? Mais ce jeune homme de 20 ans maniait pistolet et sabre, il avait vu les atrocités de la guerre civile. Il savait, lui aussi, ce qu'il y a dans le cœur de l'homme, ne serait-ce que par expérience, et que ce n'est pas très beau. Et pourtant, il n'a pas cédé au froid rationalisme, au culte de l'efficacité immédiate...

Qui ne voit donc la dimension chrétienne ? Car ce qui est folie aux yeux des hommes se révèle sagesse aux yeux de Dieu, et ce qui est sagesse aux yeux des hommes n'est que folie aux yeux de Dieu (Saint Paul). Ce 28 janvier 1794, la sagesse de Dieu fut défaite, semble-t-il, et celle des hommes victorieuse. Comme sur la croix, 18 siècles plus tôt. Mais c'est par la folie de la croix qu'il a plu à Dieu de manifester sa sagesse et de sauver le monde. C'est dans la faiblesse du Crucifié que s'est déployée toute la puissance de Dieu pour le salut des hommes.

Alors que le rationalisme du 19e siècle et le matérialisme du 20e ont comme généralisé la Vendée au monde entier, dans une tentative titanesque, venue d'en bas, de « régénération » de l'homme, l'arrachant à sa patiente et fragile restauration par la grâce, l'exemple des chefs vendéens nous interroge, nous qui sommes tentés, comme nos adversaires, d'user des moyens de ce monde, de ce monde qui gît au pouvoir du Mauvais. Aux tentatives totalitaires de l'esprit humain arraché à la communion divine, à la communauté des siens, à sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes, bref, aux tentations de l'individu laissé à lui-même, reflet du démon dans sa révolte pathétique, il est salutaire de saisir au vol l'exemple de ceux qui, comme Baudouin de Jérusalem ou Henri de La Rochejaquelein, se sont consumés en peu de temps, à l'image du Christ, au service des leurs, de ceux dont « ils ne rougissaient pas de les tenir pour des frères » : comme des comètes, ils ont laissé dans notre histoire un sillage de lumière, qui nous éclaire encore, qui nous inspire, et qui nous redonne l'espérance face à un monde toujours marqué par ses noirceurs qui se généralisent. Ainsi soit-il.

Abbé Eric IBORRA, Vicaire de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris 9ème).

Photos: Michel Stoupak (Tous droits réservés)
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Publié le 27 Janvier 2017

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Publié le 24 Janvier 2017

« Если я впереди — следуйте за мной, если я отступаю — убейте меня, если меня убьют, — отомстите за меня ! » (Si j'avance, suivez-moi; si je recule, tuez-moi; si je meurs, vengez-moi!")

Henri de La Rochejaquelein, Maurice d'Elbée, Louis-Marie Lescure... Les héros de la Vendée sont à présent disponibles en russe.

Vitaly Šurygin, universitaire originaire d’Ozersk (Oural), était déjà l'auteur de deux ouvrages: « Vendée et Chouannerie. La mémoire historique de la France » (Вандея и Шуанерия. Историческая память Франции) et « Les Héros de la Vendée, pour Dieu et le Roi » (Герои Вандеи. За Бога и Короля).

Une série d'opus consacrés aux généraux de l'Armée catholique et royale ont ainsi été édités tout au long de l'année 2016 - le dernier en date étant consacré à Maurice d'Elbée. Vitaly Šurygin vient, récemment, d'éditer de nouveaux opus dédiés à deux figures du soulèvement de l'Ouest - bretons ceux-là: Jean Cottereau dit "Jean Chouan" et Georges Cadoudal.

Les ouvrages sont disponibles au format Kindle.

Source: Vendéens&Chouans

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Publié le 23 Janvier 2017

Une fois encore, nous venons d'entendre ce texte admirable que la piété d'un prince malheureux nous a légué en testament. Un texte qui révèle une grande noblesse d'âme et une profonde délicatesse de cœur, dignité et humanité qui apparaissent comme l'écho fidèle de cet autre Testament, chanté par le diacre, celui où le Verbe manifeste, dans le langage hiératique de S. Jean, toute sa grandeur dans son obéissance au Père, motivée par sa compassion pour l'homme égaré, « gisant à l'ombre de la mort » (Lc 1, 79).

            Plus je relis le testament du Roi, plus j'y retrouve les accents d'une foi, d'une espérance et d'une charité qui placent certainement son auteur au nombre des saints qui honorent le Corps mystique du Christ qu'est l’Église. Et c'est le pasteur suprême de cette même Église, son compagnon d'infortune, pourrait-on dire, en cette fin de 18e siècle, le pape Pie VI qui, quelques mois plus tard, déclarait ceci au Collège des cardinaux : « Les prières funèbres peuvent paraître superflues quand il s'agit d'un chrétien qu'on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque S. Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs mais qu'elle se recommande plutôt à leurs prières ». Pie VI laissait entendre, au lendemain de la mort du Roi, ce que beaucoup n'ont cessé de penser depuis : c'est en rouge, et non en noir, que nous devrions célébrer sa mémoire, son dies natalis. Car il n'a pas seulement suivi le Christ: il s'est identifié à lui, non seulement par les tribulations qu'il a endurées, mais aussi par la magnanimité dont il a fait preuve dans l'adversité - magnanimité qui a revêtu les traits du pardon, à l'image du Crucifié. Un pardon qui revient comme leitmotiv tout au long de son testament. Citons-en, par exemple, le dernier passage : « Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru user envers moi. J'ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes : que celles-là jouissent, dans leur cœur, de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser ». Quelle délicatesse, quelle humanité, quelle charité dans ce pardon dont on sent bien qu'il jaillit du cœur, qu'il n'est pas une pose ostentatoire et contrainte ! Quelle absence d'aigreur, de repli sur soi, d'orgueil ! Quelle leçon pour notre époque où la haine est revendiquée et s'impose de plus en plus, en dépit des cris d'orfraie d'un politiquement correct souvent à sens unique ! « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ». Il est certains êtres que l'épreuve révèle, alors qu'elle confond habituellement la plupart des autres. Louis XVI appartient à la première catégorie : il est devenu une figure christique au moment où la tempête s'est déchaînée sur lui, au moment où tant d'autres cédaient les uns à la cruauté, les autres à la lâcheté.

            Louis XVI, figure du Crucifié. Cela explique peut-être pourquoi sa réhabilitation tarde tant alors que la Reine a connu un regain de faveur ces dernières années. Louis et Marie-Antoinette sont deux figures tragiques. L'une est pour ainsi dire ignorée, voire brocardée, l'autre reconnue, voire récupérée. C'est que dans la figure de la Reine, aussi tragique soit-elle, il y a un aspect glamour, dirait-on aujourd'hui, qui est bien du goût de notre époque. La princesse jeune, brillante, séduisante, soudain terrassée: quel beau sujet de film en effet ! Mais pour Louis, quel contraste souligner, quelle dialectique exploiter ? N'a-t-il pas toujours été un être réputé terne, un perdant ? Le prince dont le lustre était éclipsé par celui de son épouse, le souverain à la volonté hésitante, à la fermeté chancelante, à l'indécision flagrante ? Et même si l'historiographie républicaine a joué ad nauseam de cette image, aujourd'hui sérieusement remise en question par les historiens, n'avons-nous pas entendu tout de même sous sa propre plume cet aveu poignant : « Un roi ne peut faire respecter les lois et faire le bien qui est dans son cœur qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire et qu'autrement, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile » ? Comme le « serviteur souffrant » de la prophétie d'Isaïe: « il a grandi comme un surgeon, sans beauté ni éclat pour attirer nos regards et sans apparence qui nous eût séduits ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se voile la face » (Is 53, 2-3).

            De même que le serviteur biblique était une préfiguration du Christ, Louis en est le reflet. On trouve chez lui le même refus d'user des moyens du monde pour affirmer sa royauté, le même refus de lutter contre la violence en faisant usage de la violence. Louis est une effigie de l'agneau pascal. Comme le dit encore Isaïe, « maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir, comme la brebis muette devant les tondeurs » (Is 53, 7). N'est-ce pas cette similitude avec le Christ en sa passion qui nous rend la figure de Louis XVI si étrangement saisissante ? N'est-ce pas cette similitude qui explique à quel point, aujourd'hui encore, il est dans notre pays un « signe de contradiction », une « pierre qui fait achopper » ? Parler de Louis XVI, en France, c'est encore déchaîner les passions. A la différence de bien d'autres figures royales au destin pathétique, d'où vient-il que la sienne continue d'émouvoir les uns et d'irriter les autres ? Je crois que cela tient à sa proximité avec Christ, le Christ qui « est le même hier, aujourd'hui et à jamais », le Christ qui est toujours actuel, toujours contemporain. Le Christ qui appelle toujours à prendre parti pour lui ou contre lui, c'est-à-dire pour la vérité ou contre la vérité, pour l'amour ou contre l'amour. Le Christ qui ainsi « dévoile les pensées secrètes d'un grand nombre ».

            C'est à cause de son identification au Christ que la figure de Louis XVI est toujours une figure actuelle. Elle l'est d'abord parce qu'elle pose une question politique. Pas nécessairement celle de la meilleure forme de gouvernement même si, anthropologiquement, la forme royale présente de nombreux atouts. Elle pose une question politique, contenue dans la citation que j'ai faite plus haut : comment concilier autorité et charité, comment « faire le bien qui est dans son cœur » dans un monde marqué par le mal ? Nul doute que Frédéric de Prusse ou Napoléon s'y seraient pris autrement que Louis XVI, pour autant que ces cyniques aient réellement aimé leur peuple d'un amour désintéressé. C'est ce qui nous les rend, eux et leurs émules d'aujourd'hui, finalement d'un autre âge, celui de la vieillerie du péché, celui de l'homme ancien qui va à sa perte. Alors que Louis nous paraît toujours actuel, porté par l'hodie, l'aujourd'hui pascal du Christ ressuscité, vainqueur de la mort et du mal.

            Oui, nous sommes confrontés à une redoutable question politique. Une question que ces disciples du Christ, que la naissance et la foi ont rendu responsables du véritable bien de leurs concitoyens, ne cessent de rencontrer, comme naguère le roi Baudouin face à l'avortement. Une question à laquelle j'avoue ne pas avoir de réponse. Une question qui dans l'histoire n'a jamais trouvé de réponse vraiment satisfaisante. Car c'est une question qui se pose en fait, vous l'aurez compris, à un niveau bien plus fondamental, au niveau spirituel. Lorsqu'un chrétien parvient aux affaires – ce qui est plus facile à un prince qu'à quelqu'un obligé de briguer des suffrages –, il est aussitôt confronté aux fondements mêmes de l'agir politique : la vérité et la charité. Dans un « monde » dont le prince est « menteur et homicide dès l'origine », le choc est inévitable. Ce fut l'expérience dramatique que connut cette autre figure christique à bien des égards proche de celle que nous commémorons ce soir : l'empereur Charles d'Autriche. Voilà un prince qui chercha sa vie durant à lutter avec les armes de la vérité et de la charité et qui ne rencontra qu'incompréhension et échec. Pourquoi faut-il que les princes chrétiens échouent ? Serait-ce que « le monde est indigne d'eux », pour reprendre les paroles du livre de la Sagesse et de l'épître aux Hébreux, comme le fut le 18e siècle libertin pour Louis et le 20e, franc-maçon et ivre de nationalisme pour Charles ? C'est dans la mort, prématurément et presque au même d'ailleurs, que Charles Ier tout comme Louis XVI manifestèrent toute la vérité de leur être et toute la profondeur de leur charité. D'une certaine manière, l'un et l'autre expièrent pour les fautes de leur temps, victimes de substitution, récapitulant en leur personne la foule des innocents anonymes, broyés avec eux, et dont ils devenaient la personnification et le symbole.

            C'est de là sans doute que vient ce sentiment qui nous étreint lorsque nous pensons à de tels souverains : nous nous ressentons orphelins, comme si quelque chose de nous-mêmes nous était arraché. Nous prenons conscience, en particulier, de ce que signifie la charité politique. Et nous nous apercevons que nous sommes privés de ses bienfaits, exposés comme nous le sommes aux méfaits du cynisme et de l'ambition. En France, ce sentiment se teinte de la honte propre au parricide. Je me demande même si les convulsions politiques et les haines inexpiables qui ont cours dans notre pays – ranimées en ces temps d'élection – n'ont pas quelque chose à voir avec cet acte qui n'est jamais vraiment devenu du passé, précisément parce qu'il s'est porté non point contre un tyran, coupable de fautes réelles, mais contre un innocent, un innocent qui une fois encore porte en lui la ressemblance de la Victime par excellence, elle dont le sacrifice nous est toujours contemporain, notamment dans la liturgie.

            La mise à mort d'un tel roi demeure une question posée à notre pays. Puisse-t-elle provoquer nos concitoyens à une prise de conscience salutaire, à une conversion – post eventum – à la vérité et à la charité. « Français, je suis innocent, je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que le sang qui va être répandu ne retombe jamais sur la France! » Toute révérence gardée et sachant que tout martyr chrétien est effigie du Christ, j'emprunterai ma conclusion au prophète Isaïe : « Méprisé, nous n'en faisions pas cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui et dans ses blessures nous trouvons la guérison » (Is 53, 3-5). Que ce sang qui a coulé il y a 224 ans, et qui n'est qu'une goutte dans un océan de crimes, puisse servir à notre rachat. Ainsi soit-il.

Abbé Eric IBORRA, Vicaire de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris 9ème)

Peinture: Louis XVI recevant à Reims, après son sacre, les hommages des Chevaliers du Saint-Esprit, comme Grand Maître de l'Ordre, le 11 juin 1775 - Gabriel François Doyen (1726 - 1806).

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