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Publié le 1 Mars 2017

Imposition des cendres - Pontifical de Guillaume Durand (vers 1357)  Réserve de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Imposition des cendres - Pontifical de Guillaume Durand (vers 1357) - Réserve de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

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Publié le 14 Février 2017

Tristan et Iseult buvant le philtre - John Duncan (1912) - Musée de la ville d'Edimbourg

 

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Publié le 23 Janvier 2017

Une fois encore, nous venons d'entendre ce texte admirable que la piété d'un prince malheureux nous a légué en testament. Un texte qui révèle une grande noblesse d'âme et une profonde délicatesse de cœur, dignité et humanité qui apparaissent comme l'écho fidèle de cet autre Testament, chanté par le diacre, celui où le Verbe manifeste, dans le langage hiératique de S. Jean, toute sa grandeur dans son obéissance au Père, motivée par sa compassion pour l'homme égaré, « gisant à l'ombre de la mort » (Lc 1, 79).

            Plus je relis le testament du Roi, plus j'y retrouve les accents d'une foi, d'une espérance et d'une charité qui placent certainement son auteur au nombre des saints qui honorent le Corps mystique du Christ qu'est l’Église. Et c'est le pasteur suprême de cette même Église, son compagnon d'infortune, pourrait-on dire, en cette fin de 18e siècle, le pape Pie VI qui, quelques mois plus tard, déclarait ceci au Collège des cardinaux : « Les prières funèbres peuvent paraître superflues quand il s'agit d'un chrétien qu'on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque S. Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs mais qu'elle se recommande plutôt à leurs prières ». Pie VI laissait entendre, au lendemain de la mort du Roi, ce que beaucoup n'ont cessé de penser depuis : c'est en rouge, et non en noir, que nous devrions célébrer sa mémoire, son dies natalis. Car il n'a pas seulement suivi le Christ: il s'est identifié à lui, non seulement par les tribulations qu'il a endurées, mais aussi par la magnanimité dont il a fait preuve dans l'adversité - magnanimité qui a revêtu les traits du pardon, à l'image du Crucifié. Un pardon qui revient comme leitmotiv tout au long de son testament. Citons-en, par exemple, le dernier passage : « Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru user envers moi. J'ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes : que celles-là jouissent, dans leur cœur, de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser ». Quelle délicatesse, quelle humanité, quelle charité dans ce pardon dont on sent bien qu'il jaillit du cœur, qu'il n'est pas une pose ostentatoire et contrainte ! Quelle absence d'aigreur, de repli sur soi, d'orgueil ! Quelle leçon pour notre époque où la haine est revendiquée et s'impose de plus en plus, en dépit des cris d'orfraie d'un politiquement correct souvent à sens unique ! « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ». Il est certains êtres que l'épreuve révèle, alors qu'elle confond habituellement la plupart des autres. Louis XVI appartient à la première catégorie : il est devenu une figure christique au moment où la tempête s'est déchaînée sur lui, au moment où tant d'autres cédaient les uns à la cruauté, les autres à la lâcheté.

            Louis XVI, figure du Crucifié. Cela explique peut-être pourquoi sa réhabilitation tarde tant alors que la Reine a connu un regain de faveur ces dernières années. Louis et Marie-Antoinette sont deux figures tragiques. L'une est pour ainsi dire ignorée, voire brocardée, l'autre reconnue, voire récupérée. C'est que dans la figure de la Reine, aussi tragique soit-elle, il y a un aspect glamour, dirait-on aujourd'hui, qui est bien du goût de notre époque. La princesse jeune, brillante, séduisante, soudain terrassée: quel beau sujet de film en effet ! Mais pour Louis, quel contraste souligner, quelle dialectique exploiter ? N'a-t-il pas toujours été un être réputé terne, un perdant ? Le prince dont le lustre était éclipsé par celui de son épouse, le souverain à la volonté hésitante, à la fermeté chancelante, à l'indécision flagrante ? Et même si l'historiographie républicaine a joué ad nauseam de cette image, aujourd'hui sérieusement remise en question par les historiens, n'avons-nous pas entendu tout de même sous sa propre plume cet aveu poignant : « Un roi ne peut faire respecter les lois et faire le bien qui est dans son cœur qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire et qu'autrement, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile » ? Comme le « serviteur souffrant » de la prophétie d'Isaïe: « il a grandi comme un surgeon, sans beauté ni éclat pour attirer nos regards et sans apparence qui nous eût séduits ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se voile la face » (Is 53, 2-3).

            De même que le serviteur biblique était une préfiguration du Christ, Louis en est le reflet. On trouve chez lui le même refus d'user des moyens du monde pour affirmer sa royauté, le même refus de lutter contre la violence en faisant usage de la violence. Louis est une effigie de l'agneau pascal. Comme le dit encore Isaïe, « maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir, comme la brebis muette devant les tondeurs » (Is 53, 7). N'est-ce pas cette similitude avec le Christ en sa passion qui nous rend la figure de Louis XVI si étrangement saisissante ? N'est-ce pas cette similitude qui explique à quel point, aujourd'hui encore, il est dans notre pays un « signe de contradiction », une « pierre qui fait achopper » ? Parler de Louis XVI, en France, c'est encore déchaîner les passions. A la différence de bien d'autres figures royales au destin pathétique, d'où vient-il que la sienne continue d'émouvoir les uns et d'irriter les autres ? Je crois que cela tient à sa proximité avec Christ, le Christ qui « est le même hier, aujourd'hui et à jamais », le Christ qui est toujours actuel, toujours contemporain. Le Christ qui appelle toujours à prendre parti pour lui ou contre lui, c'est-à-dire pour la vérité ou contre la vérité, pour l'amour ou contre l'amour. Le Christ qui ainsi « dévoile les pensées secrètes d'un grand nombre ».

            C'est à cause de son identification au Christ que la figure de Louis XVI est toujours une figure actuelle. Elle l'est d'abord parce qu'elle pose une question politique. Pas nécessairement celle de la meilleure forme de gouvernement même si, anthropologiquement, la forme royale présente de nombreux atouts. Elle pose une question politique, contenue dans la citation que j'ai faite plus haut : comment concilier autorité et charité, comment « faire le bien qui est dans son cœur » dans un monde marqué par le mal ? Nul doute que Frédéric de Prusse ou Napoléon s'y seraient pris autrement que Louis XVI, pour autant que ces cyniques aient réellement aimé leur peuple d'un amour désintéressé. C'est ce qui nous les rend, eux et leurs émules d'aujourd'hui, finalement d'un autre âge, celui de la vieillerie du péché, celui de l'homme ancien qui va à sa perte. Alors que Louis nous paraît toujours actuel, porté par l'hodie, l'aujourd'hui pascal du Christ ressuscité, vainqueur de la mort et du mal.

            Oui, nous sommes confrontés à une redoutable question politique. Une question que ces disciples du Christ, que la naissance et la foi ont rendu responsables du véritable bien de leurs concitoyens, ne cessent de rencontrer, comme naguère le roi Baudouin face à l'avortement. Une question à laquelle j'avoue ne pas avoir de réponse. Une question qui dans l'histoire n'a jamais trouvé de réponse vraiment satisfaisante. Car c'est une question qui se pose en fait, vous l'aurez compris, à un niveau bien plus fondamental, au niveau spirituel. Lorsqu'un chrétien parvient aux affaires – ce qui est plus facile à un prince qu'à quelqu'un obligé de briguer des suffrages –, il est aussitôt confronté aux fondements mêmes de l'agir politique : la vérité et la charité. Dans un « monde » dont le prince est « menteur et homicide dès l'origine », le choc est inévitable. Ce fut l'expérience dramatique que connut cette autre figure christique à bien des égards proche de celle que nous commémorons ce soir : l'empereur Charles d'Autriche. Voilà un prince qui chercha sa vie durant à lutter avec les armes de la vérité et de la charité et qui ne rencontra qu'incompréhension et échec. Pourquoi faut-il que les princes chrétiens échouent ? Serait-ce que « le monde est indigne d'eux », pour reprendre les paroles du livre de la Sagesse et de l'épître aux Hébreux, comme le fut le 18e siècle libertin pour Louis et le 20e, franc-maçon et ivre de nationalisme pour Charles ? C'est dans la mort, prématurément et presque au même d'ailleurs, que Charles Ier tout comme Louis XVI manifestèrent toute la vérité de leur être et toute la profondeur de leur charité. D'une certaine manière, l'un et l'autre expièrent pour les fautes de leur temps, victimes de substitution, récapitulant en leur personne la foule des innocents anonymes, broyés avec eux, et dont ils devenaient la personnification et le symbole.

            C'est de là sans doute que vient ce sentiment qui nous étreint lorsque nous pensons à de tels souverains : nous nous ressentons orphelins, comme si quelque chose de nous-mêmes nous était arraché. Nous prenons conscience, en particulier, de ce que signifie la charité politique. Et nous nous apercevons que nous sommes privés de ses bienfaits, exposés comme nous le sommes aux méfaits du cynisme et de l'ambition. En France, ce sentiment se teinte de la honte propre au parricide. Je me demande même si les convulsions politiques et les haines inexpiables qui ont cours dans notre pays – ranimées en ces temps d'élection – n'ont pas quelque chose à voir avec cet acte qui n'est jamais vraiment devenu du passé, précisément parce qu'il s'est porté non point contre un tyran, coupable de fautes réelles, mais contre un innocent, un innocent qui une fois encore porte en lui la ressemblance de la Victime par excellence, elle dont le sacrifice nous est toujours contemporain, notamment dans la liturgie.

            La mise à mort d'un tel roi demeure une question posée à notre pays. Puisse-t-elle provoquer nos concitoyens à une prise de conscience salutaire, à une conversion – post eventum – à la vérité et à la charité. « Français, je suis innocent, je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que le sang qui va être répandu ne retombe jamais sur la France! » Toute révérence gardée et sachant que tout martyr chrétien est effigie du Christ, j'emprunterai ma conclusion au prophète Isaïe : « Méprisé, nous n'en faisions pas cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui et dans ses blessures nous trouvons la guérison » (Is 53, 3-5). Que ce sang qui a coulé il y a 224 ans, et qui n'est qu'une goutte dans un océan de crimes, puisse servir à notre rachat. Ainsi soit-il.

Abbé Eric IBORRA, Vicaire de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris 9ème)

Peinture: Louis XVI recevant à Reims, après son sacre, les hommages des Chevaliers du Saint-Esprit, comme Grand Maître de l'Ordre, le 11 juin 1775 - Gabriel François Doyen (1726 - 1806).

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Publié le 6 Janvier 2017

  Les très riches heures du Duc de Berry (XVème siècle) - L'Epiphanie 

MAJ - 08/01/2017

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Publié le 25 Décembre 2016

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Publié le 24 Décembre 2016

Nativité de Charles Le Brun (1619-1690)

Nativité de Charles Le Brun (1619-1690)

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Publié le 12 Décembre 2016

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Publié le 2 Décembre 2016

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Publié le 3 Novembre 2016

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Publié le 1 Novembre 2016

Fra Angelico, Les précurseurs du Christ avec les saints et les martyrs (1423-1424)

Fra Angelico, Les précurseurs du Christ avec les saints et les martyrs (1423-1424)

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Publié le 5 Septembre 2016

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Publié le 15 Juin 2016

 

Jeudi 16 juin 2016 : messe de requiem en l’honneur du roi Jean III Sobieski

320ème anniversaire du rappel à Dieu du Roi (1696-2016)

Eglise Saint-Eugène-Sainte-Cécile

4, rue Sainte-Cécile (Paris 9ème) - Métro Bonne Nouvelle

Début de la messe : 19h

Forme extraordinaire du rite romain – Abbé Éric IBORRA

Verre de l’amitié à l’issue de la commémoration. Participation libre.

Czwartek 16 czerwca 2016: Msza Requiem
ku czci pamięci królaJana III Sobieskiego
320-ta rocznica śmierci króla (1696-2016)
Kościół Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris 9ème) – Métro Bonne Nouvelle
Rozpoczęcie mszy o 19:00
Forma nadzwyczajna rytu rzymskiego - Abbé Éric IBORRA
Po mszy zapraszamy na wspólny poczęstunek. Wstep wolny.

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Publié le 12 Juin 2016

 

David et Goliath dans un livre d'heures parisien, écrit vers 1450 et enluminé vers 1490. La cathédrale Notre-Dame de Paris est représentée à l'arrière-plan. L'histoire de David et Goliath est traditionnellement lue aux matines du quatrième dimanche après la Pentecôte.

Folio 93r d'un manuscrit d'une collection privée mis à la disposition du public sur le site e-codices. bit.ly/25QPOhA

Source: Scola Metensis

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Publié le 9 Juin 2016

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Publié le 26 Mai 2016

Homélie lors des Vêpres en l’honneur de saint Martin  le 21 mai 2016 à saint Germain l’Auxerrois

Quel légitime sentiment de fierté et de joie habite notre cœur en célébrant solennellement aujourd’hui saint Martin. Il fut appelé le 13ème Apôtre, la perle des prêtres, le saint Evêque de Tours. Il fut encore un évangélisateur hors-pair, un modèle de pasteur, un thaumaturge impressionnant, la terreur des démons, un géant de la charité. C’est vraiment surprenant de découvrir la place qu’il a eu dans l’histoire de France, mais aussi de l’Europe tout entière. Il mériterait d’être déclaré patron de la Nouvelle Evangélisation pour le Continent Européen !

La coïncidence du Jubilé de la miséricorde et du 1700ème anniversaire de sa naissance présumée nous conduisent à évoquer cette grande figure spirituelle.

Attention ! Une telle démarche n’est pas destinée à évoquer le passé avec nostalgie en cherchant à le reproduire sans discernement. Le Cardinal Newman a montré que l’avenir de l’Eglise est « développement », déploiement, mais non répétition ou révolution. L’Eglise est un corps vivant dont la croissance implique de façon simultanée un approfondissement de ses racines (comme fidélité aux dons reçus, et garantie de sa fécondité) et un élargissement de sa « parure » (comme promesse et audace dans l’Esprit). Les circonstances, les mentalités, les opportunités changent. L’Eglise semble changer. Elle change tout en demeurant elle-même, car elle unit en elle ce qui est uni dans le Christ : la vérité et la vie.

En évoquant la vie de saint Martin, nous ne voulons pas appliquer des recettes d’hier sur des problèmes actuels. Nous voulons nous approcher d’un témoin du Christ qui fut attiré irrésistiblement par le feu qui habite son Cœur. Le secret de Martin se trouve dans ce « buisson ardent » - incombustum sed illuminans - (antienne liturgique du 1er janvier) - qui marque au fer rouge son existence, la conquiert et la conforme à celle de Jésus-Christ, vérité définitive de sa vie. C’est son rapport avec lui qui le garde et le préserve, le rendant étranger à la mondanité spirituelle, ainsi qu’à tout compromis et toute mesquinerie. C’est l’amitié avec son Seigneur qui le pousse à embrasser la réalité quotidienne avec la confiance de celui qui croit que ce qui est impossible à l’homme ne l’est pas pour Dieu.

Oui, Matin est un homme de feu. Cette vive flamme d’Amour l’animait intérieurement pendant ces temps de solitude à Ligugé ou à Marmoutier (habiter par un immense désir de Dieu, surtout celui de le rejoindre au Ciel, sa véritable patrie)  ; cette vive flamme rayonnait de son ermitage pour éclairer les chrétiens et les païens (Martin débordant de miséricorde sortait de sa solitude sacrée pour annoncer l’Evangile du Christ : c’était comme un débordement de son cœur) ; cette vive flamme réchauffait les pauvres de tout genre à Amiens ou à Tours (sa vie intérieure le rendait comme « hyper sensible » aux plus démunis) , et enfin cette flamme irradiait avec tendresse et fermeté sur ses frères de communautés (on le voit à Candes-saint-Martin (37), lorsque déjà très âgé, il va aller réconcilier ses frères moines divisés, au prix de sa propre vie). Pour lui, la charité n’a pas de prix.

Ce qui est grand chez cet homme, c’est qu’il s’est laissé saisir et gagner par ce Feu divin. Martin connait sa pauvreté. Il sait qu’il ne peut rien sans l’Esprit, qu’il n’est rien sans l’élan d’Amour du Père et du Fils. Il est très conscient qu’il reçoit tout de Dieu et que sa fécondité apostolique consiste à se laisser guider par l’Esprit, le feu divin. Il sait que l’Amour est tout. Il ne cherche pas d’assurances terrestres ou de titres honorifiques, qui poussent à mettre sa confiance en l’homme ; dans sa vie, il ne demande pour lui-même rien qui aille au-delà de ses besoins réels, et n’est pas préoccupé de s’attacher les personnes qui lui sont confiées. Son style de vie, simple et essentiel, toujours disponible, le rend crédible aux yeux des gens et le rend proche des humbles, dans une charité pastorale qui rend libres et attentifs aux autres.

Serviteur de la vie, il marche cordialement au pas des pauvres ; il s’enrichit de leur fréquentation. C’est un homme de paix et de réconciliation, un signe et un instrument de la tendresse de Dieu, attentif à diffuser le bien avec la même passion que d’autres prennent soin de leurs propres intérêts.

Quel fut son secret ?

Au terme du récit de sa mort, Sulpice Sévère écrit : « Plein de joie, Martin est accueilli dans le sein d’Abraham, l’humble et pauvre Martin entre au Ciel comblé de richesses ».

A cette lumière, je crois que son « succès » il le tient de sa grande humilité. Humilité, qui fut le fondement de sa charité catéchuménale, baptismale et pastorale. « Travaillons à l’humilité, écrira plus tard Saint Vincent de Paul, car d’autant plus quelqu’un sera humble, d’autant plus sera t-il charitable envers le prochain » (Œuvre, XI, 2). L’humilité est l’écrin protecteur de l’Amour selon Dieu. Celui qui est humble, communie au Christ. Celui qui est humble, non seulement est établi dans la vérité, mais il reste ouvert incessamment à l’action de Dieu. En lui ni découragement, ni présomption, ni suffisance hautaine. « La grâce est comme la pluie fécondante qui ruisselle sur les hauteurs mais s’accumule dans les vallées. Les sommets altiers ne peuvent la retenir et se dessèchent, les « dépressions s’en emplissent et verdoient » (S. Augustin, Sermon 130, 3, 3). Saint Martin a compris dans sa fréquentation assidue de Jésus que plus on est humble, plus on est réceptif. Et plus on est réceptif, plus on peut donner ! Les pauvres, c’est-à-dire les humbles sont « comblés » des biens de Dieu ; les riches, c’est-à-dire les orgueilleux « sont renvoyés les mains vides ».

Amen.

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Rédigé par Don Paul Préaux

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